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Sélection 2018

Prix des lecteurs

Les livres de la sélection 2018 du prix des lecteurs sont disponibles à la bibliothèque,

à compter du lundi 7 mai, cette année sur le thème de la Russie.

Ouvert à tous, soyez nombreux à participer !

Viola Volnaïa

Avec cinq mecs qui voudraient bien se mouiller, on les aurait désarmés ! Tous les flics de la région ! Une demi-journée aurait suffi ! Ils sont complètement ramollos, ils explosent de mauvaise graisse ! Il faudrait les enfermer dans leur cage à singes. Si tout le monde, si le peuple tout entier se met à parler, la vérité éclatera au grand jour ! Il faut juste que les gens le veuillent, qu'ils comprennent que c'est à eux de faire la loi ici, pas aux chefs ! (L'Étudiant se tut d'un air éloquent, les yeux écarquillés, le doigt pointé en l'air.) Kobiak, c'est un brave gars ! On a le droit de défendre notre honneur ! Avec les moyens qu'on a. Nous n'en avons pas d'autres, on nous les a volés. On nous a laminés mais on fait comme si tout allait bien. Un roman russe fulgurant, une plongée dans l'immensité sibérienne, qui conte l'éternel affrontement entre désir de liberté et asservissement au pouvoir. Porté par une seule devise, Volia volnaïa, “Liberté libre”, une très forte quête identitaire, avec, en toile de fond, le tableau contrasté de la Russie d'aujourd'hui, tiraillée entre tradition et modernité.

 

Vongozero

Anna vit avec son mari et son fils dans une belle maison près de Moscou. Un virus inconnu a commencé à décimer la population. Dans la capitale en quarantaine, la    plupart des habitants sont morts et les survivants -porteurs de la maladie ou pillards- risquent de déferler à tout instant. Anna et les siens décident de s'enfuir vers le nord, pour atteindre un refuge de chasse sur un lac à la frontière finlandaise : Vongozero. Bientôt vont s'agréger à leur petit groupe des voisins, un couple d'amis, l'ex-femme de Sergueï, un médecin... Le voyage sera long, le froid glacial, chaque village traversé source d'angoisse, l'approvisionnement en carburant une préoccupation constante. D'une plume subtile, Yana Vagner happe le lecteur dès les premières pages avec ce récit d'une femme confrontée à une tension psychologique permanente et à une promiscuité subie, au cœur d'une Russie dévastée.

Zouleikha ouvre les yeux

“Yeux verts, c'est ainsi que l'appelait son père, quand elle était petite. Il y a longtemps. Zouleikha avait oublié de quelle couleur sont ses yeux.” Nous sommes au Tatarstan, au cœur de la Russie, dans les années 1930. À quinze ans, Zouleikha a été mariée à un homme bien plus âgé qu'elle. Ils ont eu quatre filles, mais toutes sont mortes en bas âge. Pour son mari et sa belle-mère presque centenaire, très autoritaire, Zouleikha n'est bonne qu'à travailler. Un nouveau malheur arrive : pendant la dékoulakisation   menée par Staline, le mari se fait assassiner et la famille est expropriée. Zouleikha est déportée en Sibérie, qu'elle   atteindra après un voyage en train de plusieurs mois. En chemin, elle découvre qu'elle est enceinte. Avec ses compagnons d'exil, paysans et intellectuels, chrétiens, musulmans ou athées, elle participe à l'établissement d'une colonie sur la rivière Angara, loin de toute civilisation : c'est là qu'elle donnera naissance à son fils et trouvera l'amour. Mais son éducation et ses valeurs musulmanes l'empêcheront longtemps de reconnaître cet amour, et de commencer une nouvelle vie.

 

COuteau tranchant pour un coeur tendre

Cette histoire parle d'un fleuve, d'une femme tombée amoureuse de ce fleuve, et de leur fils devenu voleur avant de connaître une triste fin. Si on les juge, que diront-ils pour se justifier ? La femme balbutiera : j'ai aimé. Son fils dira : j'ai eu foi. Les eaux du fleuve garderont le silence, mais la loi n'a pas de prise sur elles. À la fin, le voleur voudra écouter le tic-tac d'une montre. La femme demandera la clémence pour son mari, mais oubliera complètement son fils. Le fleuve continuera de couler et pleurera ceux qui sombrèrent dans ses eaux. Ayant pleuré tout son soûl, il se desséchera et s'enlisera dans le sable, et les hommes marcheront dans son lit aride. Je crois aux mots, comme un voyageur fait confiance au fleuve quand il s'y engage en barque. Les mots me portent, et la forêt de la vie des autres se dresse des deux côtés. Où accosterai-je? Où est celui qui me murmurait des mots d'amour la nuit ? Je ne me souviens ni de son nom ni de la ville où cela s'est passé. En se retournant, le voyageur remarque qu'il ne reconnaît plus le chemin qu'il a parcouru.